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Le Condor Andin,
une légende en danger

Mythe et Légende ont fait du Condor Andin un animal emblématique de l'Amérique du Sud. Messager des dieux pour les Incas, il a toujours régné en maître sur le ciel de la Cordillère des Andes. Aussi emblématique soit-il le Condor est aujourd'hui en danger d'extinction dans certains pays.

Le Condor Andin est le plus grand oiseau volant terrestre au monde, il peut mesurer jusqu'à 3,5 mètres d'envergure pour une hauteur de 1,30 mètres. Son physique impressionnant en fait un planeur de haut vol, il utilise les courants d'airs chauds pour voler sans quasiment jamais battre des ailes. Les adultes sont capables de parcourir 300 kilomètres en une journée, ils planent dans les cieux à une altitude pouvant atteindre les 5500 mètres au dessus du niveau de la mer. Le mâle arbore une crête sur le sommet de son crâne alors que la femelle, plus petite, a la particularité d'avoir les yeux rouges sang.

La femelle du Condor Andin ce différencie par l'absence de créte et un oeil rouge vif.
La femelle du Condor Andin ce différencie par l'absence de créte et un oeil rouge vif.
Le mâle Condor Andin possède une créte sur la tête et n'as pas l'oeil rouge comme la femelle.
Le mâle Condor Andin possède une créte sur la tête et n'as pas l'oeil rouge comme la femelle.

Le Condor Andin fait partie de la famille des charognards, il se nourrit exclusivement de cadavres. Comme les autres espèces de sa famille : les Catardidae, il est un nettoyeur. En effet sa capacité à manger et à digérer les animaux morts, grâce à l'extrême acidité de son système digestif rend un énorme service aux écosystèmes qu'il fréquente. Il évite ainsi la propagation de maladies ou d'autres bactéries se développant dans les charognes et pouvant se répandre dans l'environnement.

Le Condor Andin est une espèce monogame, c'est à dire qu'il reste avec le même partenaire tout au long de sa vie. Il peut vivre jusqu'à 50 ans en milieu naturel. Durant l'époque de reproduction, le couple après avoir copulé plusieurs fois se trouve un nid, souvent une petite cavité a flanc de falaise. La femelle y dépose un œuf unique tous les deux ans. Les deux parents se relaieront à part égale pour incuber l’œuf avant que celui ci n’éclose au bout de deux mois. Le jeune condor restera environ 6 mois au nid, avant que ces parents ne l'incite fortement à prendre son envol. S'en suit une longue période d'apprentissage de 2 ans ou les parents vont apprendre au jeune à se nourrir seul, à se défendre, et à maîtriser les courants d'air chaud. Ce n'est qu'a l'âge de 7 ans environ que le jeune arborera son plumage adulte passant d'une couleur café, a un plumage noir et blanc caractéristique des adultes. Il est enfin prêt a former un nouveau couple et à se reproduire à son tour.

Comme toujours le manque d'informations et les fausses croyances ont eu raison des populations de condor en Équateur. Il a été victime de son imposant charisme, et a été quasi décimé par les populations locales au fil des dernières décennies. A tort, les gens pensaient qu'ils mangeaient leur bétail, ou encore qu’il portait malchance. Il est vrai que parfois, par manque de nourriture des attaques de condor ont été recensées sur de jeunes veaux, ce comportement ne font pas de lui pour autant un chasseur de bétail mais juste un opportuniste luttant pour sa survie. Ces attaques très rare n'ont pas empêché les fermiers de tuer des centaines de Condor, soit directement sois par empoisonnement. Autrefois des milliers il ne reste aujourd'hui qu'une centaine de condors à l'état sauvage dans le pays.

La reserve d'Antisanilla est situé a 50km au sud est de Quito. Elle est gérer par la fondation Jocotoco et accueil la plus grande population sauvage de Condor Andin d'équateur.
La reserve d'Antisanilla est situé a 50km au sud est de Quito. Elle est gérer par la fondation Jocotoco et accueil la plus grande population sauvage de Condor Andin d'équateur.

Depuis 2010 un groupe de plusieurs associations et fondations c'est formé pour enrayer le phénomène d'extinction du Condor en Équateur. Fonds internationaux, ONG locales, et délégations politiques ont décidé de mettre en commun leurs efforts pour protéger ce qu'il reste des condors sauvages et lancé un programme de ré-introduction. Cette gestion commune à ainsi permit de synchroniser les efforts et mutualiser les moyens afin d'être plus efficace dans la gestion des populations de Condor restante. La plus grande population du pays se trouve dans la réserve de Antisanilla à 50 km au nord de Quito. C'est une réserve privée qui appartient à la fondation de conservation Jocotoco, c'est un des derniers bastions du Condor sauvage en Équateur. Avec seulement 5000 ha, elle abrite à elle seule plus de 50% de la population de condor en Équateur, soit une quarantaine d'individus. Elle a pour objectif de protéger l'habitat naturel du volatile, ainsi que de lui fournir l'alimentation nécessaire à sa survie.

Pour une gestion durable la fondation a décidé de travailler en collaboration avec les populations locales. Les Chagras sont les habitants natifs de la zone, ce sont les cowboys du Paramo, cavaliers émérites, ce sont eux qui gèrent le bétail sur le haut plateau. Ainsi sur ces terres la fondation partage un cheptel de 400 bêtes avec les chagras. Les vaches sont en partie destinées à l'alimentation des condors sauvages, 1 à 2 bêtes sont sacrifiées chaque mois afin de les nourrir. Cette gestion intégrée à une impact très positive car elle permet de sensibiliser les "Chagras" a la cause du Condor. En effet ceux-ci étaient les premiers détracteurs du condor qui selon eux s'attaquait à leur bétail. Cette initiative permet aussi de faire perdurer leur culture de cowboys qui se perd peu à peu à cause de leur exil forcé vers la vallée.

Depuis la création de la réserve par la fondation, les condors sont sous haute surveillance grâce aux gardes de la réserve et les « Chagras » qui suivent les moindres faits et gestes de leurs nouveaux protégés. La prise de conscience associée à des actions concrètes de conservation et un grand programme d'éducation efficace laissent croire qu'il y a encore un futur pour le condor dans le ciel andin, mais étant donné le faible taux de reproduction qu'a l'espèce cela prendra du temps.

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Maxime Aliaga
Photographe de nature
Je suis photographe de nature professionnel, je publie mes articles sur la faune sauvage et sa conservation dans la presse et différent média. Plus qu'un artiste je suis un messager, un témoin privilégié de la nature sauvage et je m’efforce par mon travail de partager sa beauté, sa nécessité et ses enjeux de conservation.
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